Ha mwandro
Pourquoi un journal libre à Anjouan ?
« Pourquoi un hebdomadaire à Anjouan pendant que les autres journaux qui sont distribués aux Comores ne sont pas lus et les dizaines de projets en ce sens qu'on a vu naître le temps de deux ou quatre parutions ont tout simplement disparu ? », s'interrogeait un ami lorsque nous lui avons parlé de ce projet. Nous vous apportons donc quelques pistes qui puissent nous faire croire que Ndzuani Hebdo n'est pas le fruit du hasard. C'est un projet qui se veut après tout réaliste. L'équipe rédactionnelle ainsi que tous les collaborateurs de ce projet sont des passionnés de la presse. Une presse libre dans une jeune démocratie. Nous n'avons nullement l'intention de vivre avec les maigres recettes que nous rapportera Ndzuani Hebdo ; il n'y en aura d'ailleurs pas. Les deux cents exemplaires que nous publierons pendant une période de trois mois avant de passer à cinq cents exemplaires à partir de janvier 2009 nous permettront juste de payer l'impression des numéros suivants. Mais pourquoi nous nous lançons donc dans cette aventure ? La réponse est simple. Nous sommes un groupe de passionnés de l'information. Et nous trouvons qu'Anjouan mérite bien ne serait ce qu'une feuille d'information hebdomadaire. Imaginez que toute la presse nationale est imprimée et distribuée à Moroni ou à Mayotte et n'a que très peu de présence sur l'île. Ce qui se passe à Anjouan est peu connu dans les autres îles, mais pire encore, il est peu connu par les anjouanais eux-mêmes. Il n'y a que les deux radios publiques et une radio privée qui font de l'information générale. Et encore, elles n'arrivent pas, seules, à couvrir toute l'actualité de l'île. A cela s'ajoute le traitement même de l'information anjouanaise dans cette presse. On a l'impression qu'à Anjouan, il ne se passe rien. Pour inciter la population à s'informer et à s'exprimer en toute liberté, il fallait un support, et ce support, vous l'avez entre les mains. Il sera hebdomadaire et paraîtra chaque vendredi en format papier à Anjouan et sur le net. Il servira aussi de pont entre les anjouanais de l'intérieur et ceux de la diaspora. Nous vous laissons donc découvrir ce numéro zéro et ... à vos réactions. La rédaction
Descente musclée de la gendarmerie à Minadzini.
Une bonne dizaine de dealers, vendeurs et patrons des débits de boissons alcooliques ont été arrêté samedi, lors d'une descente musclée de la gendarmerie à Minadzini près du port de Mutsamudu. Lors de cette incursion surprise, la gendarmerie a saisi une quantité importante d'alcool et de chanvre indien qui se vendaient à ciel ouvert au vu et au su de tous depuis des années. Les pouvoirs successifs à Anjouan fermaient les yeux, mais depuis quelques temps le phénomène prenant de l'ampleur inquiétait les autorités. Le procureur a alors pris la décision de fermer ces débits et les responsables doivent passer devant un juge ce lundi. « C'est une opération qui est planifié depuis quelques jours, mais personne ne savait quand on allait passer à l'action. Mais après avoir fait le constat de la dépravation exagérée des m½urs, nous étions dans l'obligation de passer à l'acte vendredi. C'est une opération qui ne se limite pas à Minadzini seulement. Elle touche aussi les autres localités connu pour ce trafique illégal, interdit par nos lois. » Nous a confié un juge en charge du dossier. Affaire suivre.
KAY
Tentative de détournement d'avion entre Mayotte et Anjouan.
Les films de terrorisme et de prise d'otage prolifèrent aux Comores. Du coup, les fanas, eux aussi, foisonnent. L'un d'eux a tenté, jeudi, de reconstituer le scénario des « Ailes de l'Enfer », en tentant de détourner le vol de Comores aviation en route pour N'dzuani. C'est un certain Elarif Ben Ali, 27 ans et originaire de Wanani à Mohéli. En plein vol, le jeune homme s'introduit brutalement dans la cabine de pilotage et s'attaque au pilote, le bousculant. Pour le forcené, le but de la man½uvre était de détourner l'appareil vers Lapani, une piste d'atterrissage de petits avions privés, à Mayotte. Cependant l'agent de sécurité à bord ainsi que le pilote lui-même ont pu maîtriser le petit terroriste en devenir. L'accueil par les gendarmes à l'aéroport de Wani fut plutôt « chaleureux ». Sur la terre ferme, Elarif Ben Ali passe ses premiers moments dans une cellule de la brigade de Wani. Il est relâché quelques minutes plus tard, sans conditions, selon des renseignements fournis par un agent de la brigade. Selon la même source, le jeune apprenti terroriste aurait déboursé près de 200 euros pour payer sa liberté. Des tentatives de détournement d'avion par des comoriens expulsés de Mayotte se sont déjà produites dans le passé. Il semble qu'une fois, des passagers sous reconduite à la frontière s'étaient tous levés de leurs sièges, occasionnant une dangereuse perte d'équilibre pour l'appareil. Une autre fois, c'était avec un lacet de sa chaussure qu'un autre comorien sur le chemin du rapatriement tenta d'étrangler le pilote. Dans un bref entretien qu'Elarif aurait accordé à une journaliste radio, juste après sa relâche, il aurait déclaré : « Je ne faisais qu'exprimer mon ras-le-bol contre ces reconduites illégales, qui se font dans la brutalité. » SM
Dzindri lève le défi de la culture du riz
Bientôt les habitants de Dzindri n'auront pas à se soucier des pénuries chroniques de riz. Car ils ont entrepris de le cultiver, chez eux, dans leur terre. « Nous suivons le conseil du président Sambi. Si l'on veut manger du riz tout au long de l'année, il vaut mieux le produire », lance avec fierté un villageois. Le défrichage a commencé au mois de ramadan. La plantation est prévue pour ce mois. Pour cette première année, une surface de dix hectares sera mise à l'épreuve. Les Dzindriens espèrent en tirer deux tonnes et demi de riz paddy cette année, et prévoient le triple l'année prochaine. Le problème qui se pose, c'est celui de la semence. « Elle est difficile à trouver en ce moment, et coûte deux mille cinq cents francs la kurussi » –unité de mesure équivalant à deux kilogrammes. Sur toute Anjouan, il n'y a que Lingoni, Dindri et quelques villages du Nyumakélé qui pratiquent la culture du riz. « Dans ces zones, l'on pratique aussi cette culture, mais à basse échelle. Nous pensons importer cette semence de Mayotte, afin d'augmenter notre production », explique une paysanne. Le village de Dzindri compte environ deux mille habitants. Les deux tonnes et demi de riz ne peuvent constituer, d'après un simple rapport arithmétique, que quelques semaines de consommation locale. Mais le sol dzindrien se révèle aussi être un bon pourvoyeur de manioc et de patate douce. L'expérience vaut donc le coup d'être tentée. Les vaillants paysans n'ont cependant qu'une aide à solliciter à l'Etat : « Si le gouvernement pouvait nous doter d'une moissonneuse-batteuse ou un quelque engin de cette sorte pour décortiquer ce riz, nous en serions vraiment heureux ». En effet, le travail qui consiste à dépouiller le riz paddy de son enveloppe est harassant. A en croire un villageois, ceci peut être un facteur de découragement pour les paysans.
KAY
Le traditionnel Mwana himarona
Savez-vous qu'à “Dzindri”, les femmes, pour attirer les faveurs de leurs époux, elles prenaient l'habitude de préparer et servir à leur mari le traditionnel plat dénommé “Mwana hima rona ” (littéralement le terme signifie “bébé réveille-toi, un peu et voir”. Mais en fait, il s'agit d'un petit plat à base de riz paddy (une variété de riz de montagne) soigneusement concocté pour être servi à minuit et à l'insu des enfants déjà bercés par le sommeil. Des sources villageoises affirment que le “Mwana hima rona” est servi par la propre main de l'épouse dans la bouche de monsieur, après que ce dernier ait pris son bain chaud pour l'occasion. On n'a pas rapporté si ce plat avait des effets sédatif ou cérémonial des couples. Il est tout de même à croire que les époux ayant déjà fait l'expérience, souhaite la résurrection de cette culture du riz paddy à Dzindri. Pourquoi pas puisque cette démarche constitue un véritable nid d'amour ?
KAY
Une nouvelle gouvernance au Croissant-Rouge de N'dzuani
Les nouveaux membres du comité régional du Croissant-Rouge de N'dzuani ont tenu leur première réunion samedi 27 au siège du CICR de Mutsamudu. Sous la houlette de Amadi Ousseine, secrétaire général de la Gouvernance (branche d'Anjouan), fraîchement reconduit à ses fonctions, la rencontre revêt d'une importance capitale. D'abord, elle a permis aux huit coordinateurs composant ledit exécutif de se connaître et puis de définir les responsabilités et les attributions de chacun. Dans son intervention d'ouverture, le secrétaire général, patron de l'exécutif conformément aux statuts du Croissant-Rouge comorien en vigueur, n'a pas manqué également de souligner le caractère bénévole de cette organisation humanitaire tout en prônant l'esprit solidaire en son sein. « Que l'esprit de solidarité prime sur le sectarisme et le régionalisme », a-t-il martelé, en précisant que de tels actes n'ont pas leur place dans une telle organisation. Par ailleurs, faut-il indiquer que pour bien fonctionner, la Croissant-Rouge comorien a besoin de moyens et de ressources humaines. Sur ce point, seule la Croissant-Rouge française est venue en aide aux comités régionaux des trois îles depuis 2001. Notez que la CRF finance un projet du CRCO dans le cadre de l'amélioration des conditions d'hygiène en milieu scolaire et communautaire ainsi que l'accès à l'eau potable. A N'dzuani, cinquante deux écoles primaires publiques bénéficient donc depuis de la générosité de la CRF. Le CRCO bénéficie cette année d'un autre projet, cependant d'une courte durée car ses activités tirent déjà vers leur fin. Ledit projet touche la santé communautaire, qui ne dure qu'une année et est financée par la Croissant-Rouge espagnole. En effet, dans tous les cas, les engagements et les responsabilités pris par les six membres de la nouvelle Gouvernance et les sept du nouveau comité exécutif du CRCO de N'dzuani doivent motiver les cinquante-deux comités régionaux à s'impliquer, chacun de son côté, à la tache qui est la sienne.
Amir Abdallah
Le torchon brûle entre le ministre de la justice de l'île et le procureur
La lutte des compétences refait surface, cette fois entre M. Bastoine Soulaïmane, ministre de la justice de l'île d'Anjouan, et Mohamed Soidik A. Chahassou, le procureur général. Le premier a émis, mercredi 24, deux arrêtés qui devaient suspendre la journée de travail des magistrats des tribunaux de l'île. « Toutes les audiences du tribunal de première instance sont suspendues jusqu'à nouvel ordre », mentionne le premier. Le second arrêté fait savoir que, désormais, aucun détenu ne peut être reçu à la maison d'arrêt de Koki sans le visa préalable de la secrétaire générale du ministère de la justice. Des tas de raisons justifient ces mesures, parmi lesquelles l'absence d'une cour d'appel sur l'île, mais surtout le non respect de ses décisions par l'actuel procureur. D'après le ministre, Le décret n°06 167 / PR du 7 septembre 2006 portant promulgation de la loi organique n° 05-01/AU du 20 décembre 2005 relative à l'organisation judiciaire dans l'Union des Comores et dans les îles, dans son article 6, institue une cour d'appel au Chef lieu de chaque île avec compétence sur toute l'étendue du territoire de l'île. Cette cour n'existe pas à Anjouan. Ce qui fait que beaucoup de gens croupissent en prison faute de cette cour ; leurs affaires sont de fait classées sans suite. Le ministre déclare de même que M. Chahassou s'arroge certaines prérogatives. Comme, par exemple, celle de remplir illégalement la fonction de régisseur du palais. « J'ai nommé il y a deux semaine un contrôleur des finances des tribunaux. M. Chahassou (le procureur), refuse de le reconnaître et continue d'usurper cette fonction.» Mais selon le procureur, le régisseur des tribunaux ne devait pas être choisi par le ministre, mais plutôt par le président du tribunal et par lui-même. Mais la lutte des compétences se manifeste aussi au niveau du ministre de la justice face à celui de l'Union. En fait, l'arrêté qui institue une régie des recettes auprès des juridictions de l'Union des Comores émane de l'ex-ministre de la justice fédérale, M. Mourad Said Ibrahim. Cet arrêté, n° 07- 13 / MJFPAPRA/MFBP/CAB est, selon M. Bastoine, nul et non avenu. « C'est moi qui suis le premier responsable en ce qui concerne la justice et tout ce qui a trait à la justice dans mon île. Un ministre de l'Union n'a aucunement le droit de nommer un régisseur à ma place. Cet arrêté, je le considère donc comme une erreur. » Maître Mohamed Soidik Abderemane Chahassou, le procureur-régisseur, considère lui aussi comme erreur de la part du ministre Bastoine de nommer un régisseur qui, je cite, n'affiche pas le profile exigé par la loi : « Ca devait être quelqu'un de la maison, un greffier, précisément. La dame que nous recommande le ministre nous est inconnue.» Dans cet imbroglio juridico-administratif, il est apparemment difficile de connaître les véritables enjeux. Par contre, une chose semble s'éclaircir : c'est un torchon qui brûle entre deux hommes, essentiellement. Du ministre Bastoine émane ces propos : « De toute façon, l'entente devient impossible avec ce procureur. Son attitude m'exaspère. Il ne respecte rien. Quand le président du tribunal ordonne qu'on lâche un détenu, il peut s'y opposer. Avec les recettes du tribunal, il fait ce que bon lui semble. Tenez par exemple ces constructions des soi-disant bâtiments de la justice qu'il a entamées, cela ne fait pas partie des dépenses auxquelles cet argent peut être affecté... » Pareillement, le procureur pointe vers son supérieur hiérarchique un doigt durement accusateur : « Cette affaire me paraît scandaleuse. Mais je comprends de quoi il s'agit vraiment : c'est juste une affaire de gros sou. En vérité, M. le ministre voudrait que les recettes du tribunal soient versées au trésor public. Moi, je ne le ferai pas. Car lorsqu'on le versait là-bas, il s'évaporait. » En tout cas, les magistrats de l'île font fi des arrêtés du ministre Bastoine. Comme si de rien n'était, le travail continue au tribunal de Mutsamudu.
SM
EDA toujours sous perfusion. Mais jusqu'à quand?
Après une longue absence de l'électricité dans les chaumières à Anjouan, comme dans les autres îles d'ailleurs, causée par la pénurie du gasoil dans le pays depuis quelques mois, la situation devrait s'améliorer avec l'arrivé des lots de dépannage offerts par le gouvernement de l'Union, en attendant (paraît-il dans les prochaines semaines) la vraie cargaison de Metro Petrolium. Mais apparemment, la crise énergétique risque bien de durer. Depuis jeudi 25 septembre, Comores-Hydrocarbure ne livre que 6000 litres de Gasoil par jour à l'EDA. Pourtant, il y a une semaine, une réunion tripartite s'est tenue à Daru Nadjah entre l'Exécutif de l'île, EDA, et Comores-Hydrocarbures, pour tenter de trouver une solution à cette crise. Selon des sources proches du dossier, Comores-Hydrocarbures devrait livrer quotidiennement 6500 litres pour permettre à l'EDA de fournir environ 11 heures d'électricité. En contre partie, la société de l'Electricité verserait 1.500.000 francs par jour, ce qui équivaut au paiement de la moitié du gasoil que Comores-Hydrocarbures livrait chaque jour. Mais la direction régionale de la SCH n'a depuis livré que les 6000 litres quotidiens d'antan, « par mesure de protection », semble-t-il. Selon notre interlocuteur, le directeur aurait expliqué que les ordres venaient de Moroni, se justifiant que si Comores-Hydrocarbures continue à livrer un produit dont seul la moitié est payé, la société risquait de mettre rapidement la clé sous la paille. En réalité, ce n'est pas à cause de la pénurie du gas-oil que l'électricité n'est toujours pas permanente. C'est plutôt à cause de l'insolvabilité de la société EDA. Car, s'il y a des mauvais payeurs aux Comores, EDA s'érige en tête de peloton. De mars à septembre 2008, la société accuse une ardoise d'impayés auprès des Hydrocarbures d'environ cent millions de francs. Selon un rapport d'audit publié bouclé en juin dernier et publié récemment, des centaines de millions manquent à la caisse de l'EDA. Après enquête, les responsabilités de cette mauvaise gestion reviendraient directement à Mohamed Bacar et non à la direction de la boîte. Du coup le gouvernement de l'île a refait appel aux compétences de l'ex-directeur pour occuper la direction de la production de la société. Pas sans la grogne de la population anjouanaise qui voit en cette décision de Moussa Toybou. «C'est une protection ou une impunité accordées à ceux qui ont mis à genou cette société pendant la période Bacar », pestait un agent de l'EDA qui a préféré s'exprimer sous le sceau de l'anonymat. Et d'ajouter : « Tant que les discours de nos dirigeants ne seront pas suivis de mesures dissuasives, le pays ne s'en sortira jamais. Le président Sambi avait bien appellé à une désobéissance civile contre tout ordre venant de Mohamed Bacar. Aujourd'hui, Bacar est parti loin du pays, son administration est blanchie. La gestion de la société est toujours contrôlée par les hommes de Bacar. Ceux-là même qui ont enfoncé la société dans le gouffre. Selon toute vrai semblance, Mohamed Bacar est le seul responsable du mal du pays, tout simplement par ce qu'il n'est pas là pour répondre de ses actes devant la justice ». EDA s'adapte tout de même à la nouvelle réalité économique du temps. Après l'extinction systématique des groupes à partir de minuit jusqu'à 8h00, ou des fois 10h00, depuis jeudi 25 septembre, de 13h00 à 16h00 l'énergie électrique est absente. EDA n'arrive plus à acheter son gasoil. Comores-Hydrocarbures est dans l'obligation de lui fermer ses vannes. Pour sauver la société, on chuchoterait dans les coulisses de la direction de Pama, qu'une inévitable hausse du kilowattheure ou d'une... privatisation s'imposent. Mais l'exécutif de l'île résisterait pour l'instant à cette hausse. Et pourtant, si l'on tient compte de la réalité financière de la société, qui n'arrivait pas à payer régulièrement ses 8500 litres de gasoil quotidiens à 150 francs le litre, pour produire de l'énergie 24 heures sur 24, il serait irrationnel de croire qu'EDA arrivera un jour à acheter son gasoil à 503 francs le litre, comme l'exige Comores-Hydrocarbures, à cause de la hausse mondiale du prix du pétrole. A moins que l'état n'intervienne pour supporter le manque à gagner de Comores Hydrocarbures, ou compter sur la providence d'Allah que chaque jour un riche entrepreneur supporte la charge de la société comme ce fut le cas les trois jours qui ont suivi la fête de l'Ide. En effet, un opérateur indopakistanais a offert 6000 litres de gasoil à EDA, en guise de Zakatul'fitre. Ce qui a permis à la population d'être éclairée 24heures sur 24 pendant trois jours. Et après... ?
KAY
Narizitseme
Solidarité ou dépouillement ?
Comores Hydrocarbures Anjouan vient de se démunir de toutes ses pompes de réserves au profit de la maison mère qui en avait sensiblement besoin. Et cela, sans prévoir comment s'en procurer le moment venu, lorsqu'une panne se sera déclarée, comme au mois de juin, quand le navire à quai ne pouvait décharger sa cargaison à cause, justement, de ce genre de panne. « L'Union, c'est la complémentarité. Cela signifie que ce qui manque à N'gazidja peut être prélevé à Ndzuani, et vise et versa », martèle sans cesse M. Chahalane, le DG de la société. Cependant, l'on peut se demander si cette solidarité n'est pas à sens unique.
Au lendemain de la libération d'Anjouan des mains des rebelles, près de sept cents millions de francs dormaient dans les caisses de la société. L'actuel Directeur Général, nommé depuis cette époque-là, avait jugé bon de transférer ce fond à la trésorerie de la maison mère, à N'gazidja. Une initiative jugée malsaine par bon nombre des employés du succursale anjouanaise. « L'autonomie dont bénéficiait Anjouan Hydrocarbure au temps de Bacar n'était si blâmable. Au moins, l'on était en mesure de lancer nos propres commandes, régulièrement, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui », commente sous l'anonymat un agent du département exploitation. Le même scénario avec des péripéties un peu différentes. L'Etat-major de l'armée nationale vient lui aussi de ravir -car c'est bien le mot- la direction anjouanaise de la sûreté de son groupe électrogène. C'est pour doter le siège de l'administration militaire, à N'gazidja. « Le général Salim a ordonné que le groupe soit envoyer à Moroni, comme ça, sans nous demander notre avis », témoigne amèrement un officier de la PAF de l'île.
Sardou Moussa
Coupures d'électricité : le colonel Daoud à bout de nerfs !
Les incessantes coupures de courant électrique résistent à tous les remèdes. Actuellement, le rationnement ne peut excéder 12 heures par jour à Mutsamudu. La précision est subtile, car en matière d'approvisionnement en électricité, toutes les régions de l'île ne sont pas logées à la même enseigne. Dans certains villes et villages, il peut s'écouler toute une journée sans électricité. Si bien qu'un habitant de Domoni, et pas n'importe lequel puisqu'il s'agit du Colonel Ahmed Daoud, chef du commandement régional de l'Armée Nationale, à bout de nerfs, se trouva dans l'incapacité de contrôler ses émotions. Dimanche, il débarqua à la centrale thermique de Trenani. Le chef mécanicien, un mécanicien ainsi qu'un électricien furent appréhendés et écopèrent d'une journée de taule. Le colonel croit ces agents usent de quelque partialité dans la distribution du courant entre Mutsamudu et les régions éloignées.
Sardou Moussa






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